J'ai expliqué dans un article précédent (http://drobert-photo.blogspot.fr/2014/06/le-graal-du-sac-photo-ideal.html) pourquoi je n'avais pas l'intention d'emporter en vacances dans quelques jours mon Billingham Hadley Pro récemment acquis, et pourquoi j'allais lui préférer un bon vieux sac à dos Eastpak. Eh bien, j'ai voulu donner encore une chance au Billingham et je l'ai emporté le weekend dernier pour un court séjour à Paris, chargé du Fuji X Pro 1, des quatre objectifs Fuji qui complètent mon "kit vacances", et de la cellule Sekonic L 758... et cette nouvelle expérience a confirmé mes conclusions précédentes!
Il est certain que ce Billingham est superbement fabriqué et fini, et qu'il a un look admirable d'élégance discrète. Ces qualités ne peuvent pas sérieusement être remises en question. Cela étant, outre le problème du portage à l'épaule moins confortable que celui d'un sac à dos, j'ai trouvé, à l'usage, le système de fermeture du Billingham difficile à manœuvrer, que ce soit à l'ouverture ou à la fermeture. D'accord, c'est une bonne nouvelle pour lutter contre un éventuel pickpocket; d'accord, cela garantit contre les ouvertures accidentelles; et d'accord, les pattes de cuir qui assurent la fermeture prendront, avec le temps, du jeu et de la souplesse les rendant plus faciles à manipuler. Néanmoins, même en les imaginant moins résistantes, ces pattes sont difficiles à manœuvrer, il y faut les deux mains et il faut prendre le coup... Je n'y étais pas parvenu après plusieurs dizaines d'essais, et je n'ai rien de spécialement maladroit.
De plus, les poches frontales elles-mêmes, qu'un gros bouton-pression de qualité permet de clore (plus ou moins), sont elles aussi difficiles à manœuvrer. Peut-être qu'archi-pleines, ce serait plus facile, mais les bourrer n'est pas forcément le but du jeu, et quand elles sont à moitié vides, il faut là aussi deux mains pour les fermer, et souvent deux mains pour les ouvrir, car les boutons-pression sont, certes fort solides, mais également bien résistants à faire jouer...
Tout cela n'est pas simple et je me suis vu dans un coin perdu de Cappadoce, bataillant avec les fermetures de mon sac-photo sous un soleil de plomb, tout en me languissant de ma bouteille d'eau qui n'avait pu trouver place dans mon élégant Billingham...
La décision est donc prise: le Billingham sera relégué au placard, dans l'attente de lui trouver un usage plus adapté, et pour ne pas être en déficit d'élégance en emportant mon vieil Eastpak de cuir noir qui a pas mal vécu, j'ai fait l'acquisition de son frère jumeau en cuir beige, dernier exemplaire d'un type qui ne sera plus fabriqué, et lui aussi magnifique...
Bonnes vacances à tout le monde, avec le sac-photo qui vous convient !
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mercredi 16 juillet 2014
lundi 30 juin 2014
Le Graal du sac-photo idéal
Pour ma part, après avoir possédé quelques années un
classique sac à dos Lowepro de la série Trekker, que j’ai fini par trouver bien
lourd et pas si pratique, je me suis rabattu sur un grand Kiboko 32 litres de
la marque Gura Gear que j’utilise depuis 4 ou 5 ans avec toute satisfaction. Il
est grand et très logeable, intelligemment conçu, confortable à porter (enfin,
relativement, ça va de soi !), et surtout très léger sans faire de
compromis en matière de protection du matériel transporté. C’est l’idéal, quand
on se balade avec un ou plusieurs boîtiers reflex pro et une collection
d’objectifs (allant jusqu’au gros 200~400mm), de flashes et d’accessoires
divers, y compris un trépied. Dans ce compartiment du jeu, j’ai trouvé mon Graal.
Restent les autres cas, c’est-à-dire les
sorties/vacances/reportages pour lesquels le Kiboko est manifestement
surdimensionné… et dans ce domaine-là, la quête, hélas ! continue.
J’ai d’abord acheté un « petit Kiboko » de 18
litres (rebaptisé entretemps du nom ridicule de « Bataflae », alors
que kiboko, mot swhaili désignant un fouet en peau de rhinocéros, était
si joli et original…). Particulièrement léger, très logeable, ce sac présentait
l’inconvénient d’être très profond, presque autant qu’un grand modèle, ce qui
le rend un peu disgracieux et surtout empêche qu’on le porte confortablement
sur le devant du torse, ce qui est parfois utile, comme on le verra plus loin. De
plus, s’il convenait bien au transport d’un kit réduit à base de reflex pro ou
semi-pro, il était trop grand pour le kit alternatif que j’utilise, à savoir le
boîtier Fuji X-Pro 1 et quelques objectifs, essentiellement des focales fixes.
Je me suis donc résigné à le vendre.
Convaincu par les innombrables louanges décernées sur
Internet, j’ai récemment acheté un Billingham. Après avoir longtemps hésité
quant au modèle à choisir, je me suis décidé pour un Hadley Pro en fibre
synthétique FibreNyte. C’est un bel objet, et sa fabrication est
remarquablement soignée, comme je m’y attendais… sans toutefois être parfaite,
à en juger par les bouts de fils qui dépassent çà et là sur l’insert intérieur.
Il est bien conçu et sa taille est parfaite pour emporter le kit Fuji dont je
viens de parler, mais toutefois un peu juste pour un kit à base de reflex, même
un peu encombrant Nikon D700. Quant aux objectifs pro qui l’accompagnent, ils
se trouvent eux aussi un peu à l’étroit.
Cela étant, je l’ai acheté prioritairement pour le X-Pro 1,
et de ce côté-là, rien à dire.
Rien à dire ? Voire… En effet, si le matériel lui-même
tient aisément, qu’en est-il des petits surplus ? Les accessoires photo,
eux, trouvent place dans les poches frontales, voire dans les petites (très
petites) sacoches latérales Avea que j’ai ajoutées. Dans la poche zippée sur la
face intérieure du sac, on peut glisser un Kindle, mais pas un PC, même
notebook, ou alors en forçant pas mal… et quid de la bouteille d’eau,
voire du petit sandwich, et du magazine ? De la petite laine pour le soir,
du chapeau de soleil, de l’écharpe, du K-way ? Pas de place pour tout
cela.
Facile, me direz-vous, il fallait acheter un plus grand
modèle ! Peut-être, mais que ferais-je d’un plus grand modèle les jours où
je n’aurai pas ces petits suppléments à emporter ?
De plus, ma femme m’avait prévenu et j’ai eu tort de ne pas
l’écouter, le portage à l’épaule, même avec la sangle croisée sur le torse, ce
n’est pas si confortable que ça…
Quel est donc, en vérité, le fond du problème ? Eh
bien, c’est que tout sac-photo destiné au kit Fuji est systématiquement comparé
à un banal petit sac à dos Eastpak, le même que celui que des millions d’ados et
d’étudiants trimballent à longueur de journée, sauf que le mien est en cuir
noir pour « passer » un peu mieux en ville, mais en dehors de cela
c’est le même. Et pour un usage photo, il présente bien en vérité des
avantages : d’abord, il est très logeable, une fois le kit Fuji installé à
l’intérieur, il reste une place énorme pour mettre tous les objets dont j’ai
parlé. Et lorsqu’il est moins plein, la souplesse du cuir fait qu’il se replie
sur lui-même, prenant ainsi le moins de place possible.
Ensuite, je dois bien reconnaître qu’il est plus confortable
de porter sur le dos une charge bien répartie sur les deux épaules. L’Eastpak
peut également être porté sur une seule épaule, si l’on a envie, voire à la
main, comme le Billingham, puisqu’il possède une poignée en tissu. Et
l’accessibilité au matériel, point noir habituel des sacs à dos, n’existe pas
ici, puisque la souplesse du cuir permet de le porter très facilement sur le
devant du corps. Même si cela n’est guère flatteur, cela permet une
accessibilité idéale, l’ouverture par le haut protégeant également le contenu
contre toute chute accidentelle.
De plus , cet Eastpak est particulièrement bien fabriqué,
les fermetures zippées sont d’excellente qualité, et je le trimballe depuis
quelques années sans égard particulier et sans le moindre problème, si ce n’est
les jolies tirettes en cuir qui ont tendance à partir de leur côté (j’en ai
perdu une sur la fermeture de la poche principale, que j’ai remplacée par une
autre, moins belle mais beaucoup plus facile à saisir). Il y a même, contre la
face antérieur, un séparateur matelassé créant un compartiment distinct qui
peut contenir une tablette, un PC, ou n’importe quoi d’autre que vous souhaitez
isoler du compartiment central. Et bien sûr, il y a aussi la poche zippée
extérieure, elle aussi d’une grande contenance.
Enfin, il n’y a pas mieux côté discrétion : avec sa
forme archi-connue dans le monde entier, ce sac ne ressemble vraiment pas à un
sac-photo.
Pour autant, tout n’est pas rose : le poids n’est certes
pas un inconvénient, il est très léger même s’il est intégralement en cuir,
mais ce n’est évidemment pas un matériau respirant et on transpire rapidement
lorsqu’on le porte sur le dos par grosse chaleur. Ensuite, rien n’est prévu
pour transporter un trépied puisque ce n’est pas un sac-photo. Quand il m’en
faut un mais que je souhaite garder les mains libres, je me rabats sur un
astucieux porte-trépied de ceinture vendu par Gitzo (accessoire qui, lui aussi,
prend facilement place dans l’énorme ventre de l’Eastpak).
Ensuite, comme ce n’est pas un sac-photo, l’intérieur
n’offre aucune protection particulière contre les chocs, aucun rembourrage,
aucune possibilité d’organiser des compartiments cloisonnés comme dans un
sac-photo habituel. Deux parades possibles : ou bien installer dans
l’Eastpak un insert provenant d’un autre sac (par exemple celui du Billingham,
et je crois qu’on en trouve également en vente sur Internet) ; ou bien
utiliser des poches individuelles pour protéger les objectifs et contenir les petits
accessoires qu’on passe du temps, sinon, à chercher au fond du sac. Pour les
fans de la marque, Billingham en fabrique d’assez jolis (les
« Simplies »), avec une base en cuir, mais la toile qui les compose
est franchement « légère » et n’offre guère de protection. Ils
peuvent convenir pour de petits accessoires qui ne craignent pas grand-chose.
Je leur préfère les poches en cuir de veau, double épaisseur, faites avec un
peau très souple et légère, d’excellente qualité, très doux au toucher et qui
procurent vraiment une bonne protection. On les trouve pour pas cher sur
Internet… faits en Chine, comme tout le reste. J’en possède une bonne
demi-douzaine de tailles diverses, c’est l’idéal pour protéger les objectifs.
Enfin, la faiblesse essentielle de l’Eastpak, c’est son
absence d’imperméabilisation. Bien que le cuir résiste un peu à l’eau, je ne
sais pas quel serait le comportement de ce sac (cuir et fermetures zippées) en
cas de grosse pluie, alors que le Billingham possède en ce domaine des
performances parfaites, comme le confirment de nombreux témoignages
d’utilisateurs.
Pour conclure : en dépit de son élégance et de sa
qualité, le Billingham ne m’a pas convaincu pour le format « trois
semaines de vacances avec parfois des machins divers et variés à transporter en
plus du kit Fuji ». Le sac à dos Eastpak m’accompagnera donc en Turquie
(ou la résistance à la pluie n’est pas une considération prioritaire), même si
le Billingham lui sera sans doute préféré pour un weekend à Paris… surtout à la
mauvaise saison !
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